Les Institutions et l'UDF
Quel avenir pour nos Institutions ?
interview de Marielle de Sarnez
Métro - 06.07.05
1. Président et Premier ministre : un de trop ?
En tout cas, on ne peut pas continuer avec le système actuel. La concentration des pouvoirs aboutit à l’opacité. On ne sait pas si les décisions sont prises à l’Elysée ou à Matignon. Mais on sait une chose, c’est que le Parlement n’y est associé en rien. Et ainsi les citoyens n’ont jamais leur mot à dire, ni directement, ni par leurs représentants. Par exemple, aujourd’hui les mesures nouvelles en matière d’emploi, ou hier l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, à aucun moment les citoyens ou leurs représentants n’ont été associés au processus de décision. Alors, il faut repenser et refonder tout le système d’organisation des pouvoirs pour y faire rentrer de la démocratie. Le Président élu au suffrage universel doit être un rassembleur et non un chef de clan. Il doit porter une vision dans laquelle les Français se retrouvent et être le garant de l’intérêt général. Le Premier ministre et le gouvernement doivent mettre en œuvre les orientations de politique générale arrêtées en liaison et en concertation avec un Parlement renforcé dans ses pouvoirs (contrôle de l’action gouvernementale et administrative et initiative réelle de la loi).
2. Les députés doivent-ils être élus à la proportionnelle ?
Oui. Qui ne voit que la diversité française n’est absolument pas représentée à l’Assemblée Nationale. Où sont les femmes, les jeunes, les « black », les « beurs », où sont les ouvriers, les employés, les chercheurs, les patrons de petites entreprises, où sont ceux de nos concitoyens qui sont frappés par le handicap et dont le vécu quotidien serait bien utile pour faire avancer la loi ? Oui, il faut changer le mode d’élection pour réduire la fracture entre le peuple et ses élus. Il y a urgence.
3. Que faire du Sénat ?
Faut-il supprimer les départements ?
Les deux questions sont liées. Le Sénat doit représenter au mieux la diversité des territoires ruraux et urbains. Mais pour cela, il faudra revoir le mode d’organisation et de représentation de ces territoires. Les citoyens ne se retrouvent absolument pas dans le labyrinthe actuel. Une clarification et une simplification devront s’imposer dans les prochaines années. Là aussi, c’est une question de démocratie.
4. Faut-il élargir l’accès au référendum ?
Oui. Tout ce qui va dans le sens d’une plus grande participation des citoyens à la prise de décision est une bonne chose.