L'Exemple de l'Europe
Je reviens d'un récent voyage d'étude dans les institutions européennes (Commission et Parlement) à Bruxelles. Alors que les différents candidats à l'élection présidentielle de 2007 vont faire tout un tas de promesses pour une France meilleure, il me semble utile de démontrer par l'exemple les pratiques des institutions européennes dont la France pourrait largement s'inspirer afin de rénover la Démocratie française:
-les parlementaires (députés européens) doivent assister aux séances (pleinière et commissions sectorielles) sous peine de sanctions financières sur leurs indeminités. Comparons par rapport au Parlement français!
-les membres de la Commission (équivalent du Gouvernement), avant d'être désignés sont auditionnés par un jury neutre et extérieur qui vérifie la compatibilité entre leur fonction et leur profil. Pourquoi ne pas faire de même avant la nomination des ministres français ainsi que de limiter leur nombre?
-les différentes instances européennes sont composées des différentes tendances politiques issues des élections européennes à la proportionnelle afin que chaque sensibilité participe aux décisions et puisse apporter ses idées. Pourquoi pas une représentation proportionnelle (50%?) au sein de l'Assemblée Nationale française et au sein des commissions?
-malgré cette proportionnalité et sans un groupe politique majoritaire à lui seul, des majorités claires se dégagent au Parlement européen, dépassant les clivages dépassés et artificiels de la politique française (gauche-droite/majorité-opposition). Des coalitions d'idées se font selon les sujets entre les quatre principaux groupes et selon les cas (PPE-UMP; PSE-PS ADLE-UDF; Verts). Pourquoi celà ne serait-il pas possible en France sur les principaux sujets et réformes?
A travers ces quelques exemples (et d'autres) on voit que la démocratie française aurait beaucoup à retirer du fonctionnement de l'Europe afin d'arrêter d'entendre et de dire que si tout va mal en France, c'est la faute de Bruxelles (!), alors que l'Europe c'est en partie la France dont les gouvernements successifs ont participé aux conseils européens et ont fixé les orientations à la Commission et au Parlement (et non l'inverse). Afin de faire en sorte également que les grands médias nationaux, malheureusement absents de Bruxelles (contrairement à leurs collègues européens), cessent de laisser entendre que c'est l'Europe qui va contre les intérêts français et qu'ils fassent davantage de pédagogie par l'exemple envers les citoyens français pour démonter que la France ne pourra envisager son avenir qu'à travers l'Europe et non en se repliant sur elle-même avec ses petites solutions franco-françaises.
Bruno Voyer-Correspondant Europe Ille et Vilaine Nord du Général Morillon, Député Européen UDF-ADLE